/ La grande histoire du bingo au Québec - 2e partie

La grande histoire du bingo au Québec - 2e partieVendredi, 24 mai 2013

L'église s'étant elle-même retirée du marché du bingo, un important marché se trouve soudainement sans propriétaire. Allait-on assister au déclin de ce populaire jeu? Bien au contraire!

La place laissée par l'église fut rapidement conquise par les différents organismes charitables, eux-mêmes à la recherche constante de financement. Grâce à la popularité du jeu, il s'en trouve que le bingo est particulièrement lucratif pour ces derniers. L'offre de bingo explose alors. Le début des années '80 représente l'âge d'or du bingo communautaire. Il y en a partout, tout le temps, et jamais l'activité n'a été aussi populaire.

Les lois du marché l'obligeant, la suite était inévitable. Avec une offre aussi large, la compétition augmente et les différents organisateurs tentent de se démarquer, notamment avec des lots maximums garantis. Une véritable rivalité s'instaure graduellement entre les OSBL de la province. Les demandes de licence explosent. L'offre est si large que certaines salles deviennent déficitaires. Le bingo vient de passer d'une vache à lait à une réelle industrie concurrentielle.

Cette tendance ne fera que s'accentuer pendant les années '80, notamment à partir de 1985, alors que les autochtones se lancent eux aussi dans l'organisation de soirées bingo. Ils organisent en fait ce qu'on appelle du "Super bingo", des parties dans des salles géantes, avec des prix tout aussi gigantesques.

Il faut comprendre qu'alors, la loi québécoise limite les prix totaux d'une soirée de bingo à un maximum de 3500$. En contrepartie, les salles mohawks vont jusqu'à offrir des parties avec plus de 10 000$ en prix! L'amateur québécois de bingo a alors la possibilité d'aller à la partie communautaire du coin et d'y gagner potentiellement quelques centaines de dollars, ou de se rassembler avec des centaines d'autres amateurs et de jouer pour des milliers de dollars dans les salles autochtones. Rapidement, ces dernières deviennent plus attrayantes que l'offre communautaire.

C'est aussi dans ces années que de véritables entrepreneurs se sont lancés dans l'industrie du bingo. Ces derniers mettent de véritables salles professionnelles sur pieds, puis s'associent à différents organismes pour demeurer légaux. Cela fait l'affaire de tout le monde au fond. Les entrepreneurs s'en mettent plein les poches, les organismes continuent de profiter du bingo sans devoir gérer l'offre, puis les joueurs disposent de salles de jeu centrales, avec une offre décuplée. Avec les nombreux organismes désirant leur part du gâteau de ce bingo privé, ces salles opèrent désormais sept jours par semaine, et même souvent deux fois par jour.

Aussi rapidement qu'il est apparu, le bingo communautaire dans des salles improvisées disparaît. Le bingo privé prend toute la place, avec de nouveaux problèmes à l'horizon. En effet, avec un marché aussi lucratif, les charlatans se multiplient. Certains d'eux inventent de faux organismes afin de conserver la totalité des profits générés. Le problème prend une telle ampleur qu'on en vient à surnommer les entrepreneurs du jeu comme "les seigneurs du bingo". La Régie n'a alors d'autre choix que de réagir, mettant sur place un réseau d'inspecteurs. La confiance envers certains entrepreneurs du bingo est ébranlée et un équilibre entre offre privée et offre communautaire est sur le point de se produire.

Lire la 3e partie du dossier sur l'histoire du bingo au Québec: la création de la Société des bingos du Québec et le déclin du bingo traditionnel

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